Auschwitz-Birkenau : un devoir de souvenir
Se rendre a Auschwitz-Birkenau durant notre séjour en Pologne a été une évidence pour notre petit groupe. Non pas par curiosité morbide mais par devoir de mémoire afin de continuer à nous souvenir des atrocités qui y ont été perpétrées. Et je peux vous assurer que le terme « atrocité » est bien en dessous de tout ce qu’on a tous ressenti lors de cette visite en enfer. Bien que le parcours ai été aménagé pour atténuer cette impression de lourdeur dans l’atmosphère avec quelques arbres plantés, les baraquements et les explications très factuelles de notre guide n’ont en rien édulcoré notre visite. Par respect, je n’ai fait aucune photo à l’intérieur des baraquements ainsi qu’aucun cliché qu’on pourrait qualifier de sensationnels. Juste des prises de vues extérieures et d’un panneau indiquant toutes les déportations vers ces camps.

Certains pensaient à la fin de la guerre que le plus simple pour oublier l’enfer était de tout détruire, mais non, il a été décidé de tout laisser en état afin de justement de pas oublier les quelque 1,1 millions d’hommes, femmes et enfants qui ont perdu la vie dans les camps d’Auschwitz.

Auschwitz est pour le monde entier le symbole de la guerre, de la terreur, du génocide et de la Shoah.
Écrire cet article n’est pas facile, tant on a déjà parlé de l’endroit. Puis en plus, je ne peux pas dire qu’il s’agit d’un témoignage historique puisque je ne suis moi-même pas « touchée personnellement » par cet enfer. Pas comme une de mes collègues qui s’y est rendue dans le but de retrouver la trace d’un de ses proches déportés durant la guerre dans ce camp précis.
La guide, comme je vous l’ai dit plus tôt, nous a expliqué factuellement l’histoire. Pas de place ici pour le sensationnel ou pour une minimisation de la vie vécue par ses occupants.
On passe de baraquement en baraquement qui retracent tout au long de la visite l’histoire, la vraie avec un grand « H » d’Auschwitz et par la suite d’Auschwitz-Birkenau.

Il faut savoir qu’au départ, le camp a pris ses quartiers dans une caserne polonaise existante de la ville d’Oświęcim, d’où les bâtiments de bonne facture en brique sur quelques 2-3 étages. Auschwitz est tout simplement la traduction allemande du nom de la ville. Les premiers prisonniers arrivent dès 1940 (se sont principalement des prisonniers polonais arrêtés en raison de leurs connaissances soit des universitaires, étudiants ou prêtres).
Petit à petit, le camp devient trop petit et d’autres « habitations » voient le jour, bâties par les détenus eux-mêmes pendant leurs journées de travail allant jusqu’à 12h/jour.
Dès 1942, Auschwitz-Birkenau devient le plus grand lieu d’extermination des juifs. Utilisée depuis 1920, le principe de chambre à gaz prend un tout autre sens ici. L’utilisation de ses chambres à gaz a été poussée à un niveau industriel dans les camps nazis afin d’exterminer en masse juifs, prisonniers soviétiques, tsiganes, homosexuels ou tout autre personne étiquetée « vie inutile » ou « sous peuple »…

Le gaz employé dans ce camp est le Zyklon B. La mort survenait progressivement après 6 à 20 minutes (selon la quantité de personnes dans la salle et la chaleur) de convulsions et d’étouffement. Après un délai qui était jugé convenable par un médecin SS regardant pour cela dans la pièce par un judas, on ouvrait les portes. Peu après, dans les crématoires équipés de ventilation, les cadavres étaient sortis de la chambre à gaz. Là, un Kommando était chargé de raser les cheveux des femmes et de récupérer les objets de valeur, y compris les dents en or. Puis les corps étaient incinérés (procédé permettant de laisser le moins de traces possible pour évaluer leur nombre avec précision).
Une des chambres à gaz a été détruite lors d’une révolte de quelques femmes polonaises. Chaque jour, elle rapportait un peu de poudre à canon dans leur vêtement. Quand elles en ont eu assez, elles ont fait exploser une des installations rendant son utilisation impossible.
Les autres chambres à gaz ont été détruites par les nazis en novembre 1944 soit peu de temps avant la libération du camp. Avant cela, les nazis entreprennent de détruire et d’effacer les traces des crimes commis. Ils prennent soin d’assassiner la plupart des témoins oculaires du génocide et particulièrement les Juifs qui avaient travaillé dans les crématoires. Ils font nettoyer et recouvrir de terre par des déportés les fosses contenant des cendres de victimes. Ils brûlent les listes des Juifs exterminés, une partie des dossiers et de la documentation.
Sentant le vent tourner, ils ont rassemblés tous les prisonniers valides pour ce qu’on connaît aujourd’hui comme la « Marche de la mort » et laissant les autres prisonniers pour mort dans le camp.

En 1979, l’ancien camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau a été inscrit à l’inventaire du patrimoine mondial de l’UNESCO pour une mémoire des actes qui s’y sont déroulés ainsi qu’une mise en garde pour les générations futures.
Le 27 janvier, jour de la libération du camp par l’armée rouge, a été retenu par l’ONU comme Journée internationale de commémoration à la mémoire des victimes de l’Holocauste.

Aujourd’hui, le site accueille chaque année pas moins d’un million de visiteurs venus du monde entier. En somme, Auschwitz à l’heure actuelle symbolise un peu l’espoir en une humanité future après l’Horreur.

Le plus bouleversant dans cette visite c’est de voir avec quelle minutie les objets personnels des victimes (valises, chaussures, lunettes, prothèses, … allant jusqu’aux cheveux et dents en or des personnes décédées) ont été triés et stockés par le régime nazi.
Information pratique :
Il faut réserver sa visite au moins 1 mois à l’avance. La visite s’effectue obligatoirement avec un guide (selon plusieurs formules) puis si vous le désirer, vous pouvez la poursuivre par vous même.
Vous trouverez toutes les informations sur ce site : http://auschwitz.org/en/
Quelques ouvrages pour préparer ou poursuivre dans l’histoire des camps :
- « Si c’est un homme » Primo Levi
- « Le journal d’Anne Frank » Anne Frank
- « La mort est mon métier » Robert Merle
Je ne cite que ses 3 ouvrages puisque ce sont les seuls témoignages que j’ai lu moi-même.


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