L’histoire juive de Cracovie

L’occupation nazie au cours de la seconde guerre mondiale, fut la période la plus noire de l’histoire de Cracovie et principalement du quartier juif de Kazimierz. Après avoir chassé de nombreux juifs de la ville à partir de mai 1940, les nazis firent construire en mars 1941 un ghetto au sud du quartier, de l’autre côté de la Vistule, dans le quartier de Podgórze, où furent entassés jusqu’à 20 000 Juifs de la ville et des environs. Chacun dispose de 2 m2 pour vivre. A l’intérieur la vie s’organise, la surpopulation entraine un trafic de nourriture.

Plan du quartier juif de Cracovie
Plan du quartier juif de Cracovie

C’est dans et autour de ce ghetto que les nazis firent bâtir plusieurs usines où des Juifs étaient employés comme ouvrier à moindre frais dont la fabrique d’Oskar Schindler.

Et oui, difficile de parler de cette période de l’histoire sans aborder la célèbre liste de Schindler qui a permis de sauver plus de 1100 vies juives. Je vais donc réaliser un parallèle entre l’histoire juive de la ville et la « Liste de Schindler » de Steven Spielberg.

La première évacuation du ghetto eut lieu en juin 1942, la suivante en octobre de la même année. Ses habitants étaient déportés vers les camps de la mort.

Oskar Schindler parvint à sauver ses travailleurs en falsifiant les registres de ses employés, avec l’aide et surtout la complicité de son comptable Isaac Stern (juif et habitant lui-même ledit ghetto). Ensemble, ils ont réussi à soustraire  environ 1100 juifs à l’enfer des camps de Plaszow et d’Auschwitz.

Finalement, le 13 et 14 mars 1943, le ghetto fut totalement liquidé. Les vieillards, les enfants et les malades furent tués sur place ou déportés Belzec, et seulement une petite groupe à  Auschwitz-Birkenau.

Chaises en mémoire des "sélections" des juifs
Chaises en mémoire des « sélections » des juifs

Les personnes encore aptes à travailler furent incarcérées dans le camp de travail forcé voisin, à Plaszów.

Le réalisateur qui au départ ne se sentait pas de réaliser un tel film a finalement pris le taureau par les cornes et s’y est attelé non sans l’avoir proposé à d’autres comme Roman Polanski ou Martin Scorsese qui ont tous deux déclinés l’un parce qu’il était trop impliqué dans le souvenir ayant lui-même vécu dans le ghetto de Cracovie et l’autre estimant que celui qui réaliserait ce film devait avoir un pied dans ce passé.
S’il a réalisé ce film c’est par peur de voir les gens s’accommoder de l’intolérance montante comme en 1930.

Synagogue du ghetto
Synagogue du ghetto

Le tournage fut sans doute l’un des plus éprouvants pour Spielberg : « Même les bonnes journées étaient tristes. Jamais on n’a osé rire ou raconter une blague. J’avais du mal à dire « action » parce que « aktion » est le terme allemand pour parler de la déportation vers les ghettos juifs… Réaliser ce film m’a changé à jamais». Propos recueilli pour première.fr pour leur article : La liste de Schindler – le film que Spielberg n’osait pas tourner.
Spielberg a refusé de percevoir un salaire parce qu’il estimait qu’il s’agissait de « l’argent du sang ».

Monument en hommage aux victimes de l'anti-sémitisme
Monument en hommage aux victimes de l’anti-sémitisme

Il est a noté que Spielberg n’a pas eu le droit de filmer à l’intérieur du camp de concentration d’Auschwitz. Le décor a donc été recréé à l’identique. Certaines scènes du films sont tournées sur les vrais lieux de l’histoire comme l’appartement de Schindler ou encore la prison.

Mur d'enceinte du ghetto de Cracovie - plaque commémorative
Mur d’enceinte du ghetto de Cracovie – plaque commémorative

Délaissé au cours de la période communiste, le quartier renaît à partir des années 1990 soit autour de la date de sortie du film dont je vous ai parlé précédemment.

EtablissementGhettoCracovie

Lieu de mémoire juive et chrétienne, il devient progressivement un lieu de vie pour les artistes et les étudiants qui réoccupent ce quartier longtemps bon marché.
Librairies, cafés, pubs, restaurants et boites de nuit coexistent à côté de plaques en mémoire de la Shoah, du centre culturel juif et de lieux de cultes (il subsite encore sept synagogues dont une qui exerce encore sa fonction de culte, celle de Remuh), constituant un mélange des genres et une dualité frappante.

La synagogue de Remuh par Emmanuel Dyan
La synagogue de Remuh par Emmanuel Dyan
Plaque commémorative de la synangogue Remuh avec le noms de toutes les victimes de la Shoah par Emmanuel Dyan
Plaque commémorative de la synangogue Remuh avec le noms de toutes les victimes de la Shoah par Emmanuel Dyan

Déclaré « Juste des nations » en 1962, Oskar Schindler meurt en 1974 et est enterré en Israël au cimetière chrétien du mont Sion à Jérusalem. Où, encore à l’heure actuelle, les descendants des « ouvriers » de la fabrique Schindler viennent lui rendre hommage.

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